• NATEKKO

  • Respect de l’environnement et du bien-être
     
  • En adoptant comme moteur de croissance la construction bois, la société Natekko occupe une place originale parmi les promoteurs-constructeurs.
    Cette société, axée sur le respect de l’environnement et le développement durable, intervient dans toute la France sur deux catégories de produits : les bureaux à énergie positive et l’habitation. En région parisienne, son projet phare, le futur siège de l’Institut National de la Propriété Industrielle, à proximité de La Défense, sera un bâtiment de type E+, à énergie positive et à l’architecture bioclimatique. Marc Celaries, président de Natekko, retrace la genèse de cette jeune entreprise en pleine expansion et présente ses perspectives à cinq ans.

     

  • M2 : Quelles sont les différentes étapes qui vous ont conduit, après plus de vingt ans d’expérience en rénovations très diverses, à créer le groupe Natekko ?
     
  • Marc Celaries : J’ai effectivement, au fil des années, initié et assuré, au sein d’autres structures, de nombreuses opérations de rénovation, parmi lesquelles le 12-14 avenue Raphaël Paris 16ème, la cour Damoye à la Bastille, l’ancien siège de la SDBO rue de la Rochefoucauld… Mon activité d’opérateur-rénovateur-investisseur s’exerçait alors en fonction d’opportunités de marché. Ces immeubles à fort potentiel, une fois réhabilités, ont été loués et revendus selon la demande. Certains ont été gardés en patrimoine, comme le 5 rue Blondel à Courbevoie où nous venons d’installer nos bureaux sur 1000 m2. Une crèche a pris une surface identique dans cette ancienne usine complètement restructurée.
    Ma passion pour la montagne m’a conduit, en 2007, à me porter acquéreur d’un foncier à Méribel. De là naîtra le concept de Natekko dont le projet d’entreprise est prioritairement fondé sur le développement durable et la qualité du cadre de vie. La prise en compte des performances du bois en matière de solidité, d’isolation et d’étanchéité nous a incités à asseoir une forte part de notre activité sur la mise en valeur de ce matériau noble et naturel.

    En outre, par la variété des essences et par ses nombreux produits dérivés, le bois offre une palette de matériaux aux qualités adaptées à des applications multiples : structure, charpente, aménagements intérieurs, isolation...

  • M2 : Plus précisément, comment est né Natekko ?
     
  • Marc Celaries : J’ai lancé, afin de réaliser un hameau sur la station de Méribel, un appel d’offres international auprès d’entreprises susceptibles de proposer des systèmes de construction innovants et respectueux de l’environnement. Nous avons retenu un groupe roumain spécialiste des maisons en bois massif. Le succès commercial de notre programme de Méribel avec des appartements de 45 à 250 m2 et la découverte du confort exceptionnel offert par le bois m’ont donné l’envie de poursuivre dans cette voie. Le groupe Natekko était né. Deux autres étapes ont été déterminantes : la prise de participation, en Roumanie, dans une usine de fabrication d’habitations à ossature bois et l’acquisition en exclusivité d’un brevet français «OSSIF».

  • M2 : Pouvez-vous fournir quelques explications sur ce brevet ?
     
  • Marc Celaries : Le système OSSIF est un système constructif qui permet la réalisation de la structure complète des habitations (murs et planchers). Il représente aujourd’hui le coeur du réacteur de nos constructions en habitation et permet de nous différencier de la concurrence. En effet, ce brevet nous permet de réaliser des constructions de quatre niveaux BBC au même coût que du traditionnel. De plus, du fait que nous maîtrisons sa fabrication dans notre usine, et du fait que nos propres équipes le mettent en oeuvre, nous pouvons garantir la qualité du produit dans des délais performants. A titre d’exemple, nous sommes capables de réaliser les structures d’un Eco-lotissement dans un délai de 10 mois pour 10 000 m2 avec 12 personnes. OSSIF associe deux parois de bois en lamellé-collé, encadrant un isolant de 10 cm d’épaisseur en liège noir. Les panneaux ainsi constitués sont autoporteurs, capables de supporter 14 t/m2. Ils présentent également de très hautes performances thermiques et acoustiques auxquelles s’ajoute l’élimination des ponts thermiques. Les modules fabriqués selon cette méthode sont parfaitement adaptés à la construction de logements neufs basse consommation.
    Notre souci écologique s’applique tout au long de la chaîne. Ainsi, pour chaque arbre utilisé, nous nous engageons à en replanter deux. Autre initiative concernant l’acheminement des matériaux : nous veillons à ce qu’aucun voyage ne s’effectue à vide.

  • M2 : Comment s’applique concrètement votre politique d’innovation aux différents produits immobiliers ?
     
  • Marc Celaries : Nos équipes sont constamment à l’affût de nouveaux procédés, permettant d’améliorer le cadre de vie et de minimiser l’impact écologique. Nous agissons conjointement sur ces deux aspects et non en privilégiant l’un au détriment de l’autre. Nous recherchons en permanence des partenaires pouvant contribuer à notre exigence environnementale.
    Réflexion et action sont intimement liées. A ce titre, nous sommes sur le point d’acquérir un second brevet unique et exclusif.
    De manière générale, les techniques utilisées sur nos chantiers traduisent, par leur mise en oeuvre effective, notre engagement «vert» : VMC double flux thermodynamique, géothermie, filtration d’air, aérothermie, énergie solaire, récupération des eaux de pluie et recyclage des eaux usées, ascenseur restituant une partie de l’énergie électrique, utilisation du rayonnement solaire naturel, isolation des façades avec des produits recyclés de l’industrie automobile… Nous travaillons, en ce moment, sur l’emploi des piles à combustible dans nos constructions.

  • M2 : Pouvez-vous donner quelques détails techniques en matière d’habitation ?
     
  • Marc Celaries : A Méribel, les chalets ont été construits en bois massif d’épicéa lasuré avec soin, la partie inférieure étant en pierre. Le bois s’encastre horizontalement avec une grande précision et les tuiles appelées tavaillons, en acacia, ont une durée de vie illimitée. Un système de pare-vapeur a été posé sous les tavaillons, permettant une isolation respirante. En plus, une ventilation double flux rejette l’air vicié à l’extérieur. Inversement, l’air frais extérieur entrant est très vite réchauffé afin d’éviter les déperditions de température. Ces maisons n’ont quasiment pas besoin d’être chauffées. La décoration intérieure, à dominante bois, a été conçue dans un même esprit de cocon naturel et enveloppant. Le raffinement se ressent jusque dans les salles de bains aux lavabos en pierre de lave. En Loire-Atlantique, à Pornichet, nous avons livré, au coeur d’un site protégé, une résidence de tourisme de 150 maisons et appartements, le Domaine du bois de la Grée. Il est désormais dans le catalogue de Pierre & Vacances et géré par celui-ci. La totalité de ce programme s’est vendue en Scellier à la fin de l’année 2009. Là encore, le bois a été privilégié pour le bardage extérieur, les murs, les cloisons, les huisseries, les balcons… Le Domaine est doté de deux piscines, intérieure et extérieure, chauffées par géothermie.

  • M2 : Natekko réalise, à Paris, un immeuble de logements, certainement le premier bâtiment BBC de sa catégorie. Quelles en sont les caractéristiques ?
     
  • Marc Celaries : Ce bâtiment situé rue Leriche, à l’angle des rues Vaugirard et Convention, représente 1000 m2 sur six étages, soit 17 logements, du studio au trois pièces. La certification Cerqual nous a permis de bénéficier d’un bonus de Cos de 20%. La façade en briques, inspirée de l’école de Chicago, est désolidarisée de la structure et isolée par de la fibre recyclée.

    Le chauffage par géothermie permettra de récupérer la chaleur naturelle du sol grâce à quatre puits forés à 180 m de profondeur. L’électricité sera produite par des panneaux photovoltaïques placés en toiture. La récupération d’une partie de l’énergie de l’ascenseur, au moment du freinage, servira à éclairer les parties communes… Toutes ces composantes représentent une avancée écologique indéniable. Elles contribueront à réduire la facture énergétique de 70% et à s’approcher d’une consommation de 34 kWh/m2/an. L’immeuble a été entièrement vendu au prix moyen de 10 500 €/m2 et sera livré en décembre 2010.

    Tous les logements réalisés par le groupe Natekko sont, depuis cette année, certifiés BBC et bénéficient d’une consommation d’énergie primaire inférieure à 50 kWh/m2/an. Le gain en consommation d’énergie peut atteindre jusqu’à 80%. Grâce à l’utilisation du bois et de la géothermie, nous nous orientons vers des «maisons passives», autrement dit autonomes concernant leurs besoins en énergies et profitant d’un niveau d’exigence élevé en termes d’isolation. Notre démarche intéresse particulièrement les Mairies qui souhaitent développer, dans leur agglomération, des Eco-quartiers, des Eco-lotissements, des Ehpad, des résidences de tourisme… respectueux de l’harmonie des paysages et du bien-être des habitants. Nos équipes peuvent, très concrètement et très rapidement, apporter aux collectivités locales des solutions durables clés en mains. Par ailleurs, en disposant, au sein du groupe Natekko, de notre propre usine de construction bois, nous maitrisons l’ensemble du processus de réalisation de ce type de construction. Sur la base du système OSSIF, l’aspect extérieur reste tout à fait ouvert : bardage bois, parement pierre, enduit de façade, brique, crépi...

  • M2 : Le projet du siège de l’INPI a créé un événement. Pouvez-vous revenir sur les atouts de ce bâtiment ?
     
  • Marc Celaries : A l’ occasion de ce projet, qui sera édifié à Courbevoie, nous avons lancé un concours de conception prenant en compte la vision d’un bâtiment «différent», dans une optique d’énergie positive. A la suite de cette consultation, notre proposition, élaborée avec une jeune équipe d’architectes brésiliens Triptyque, associée à Bidard et Raissi, a été retenue par l’Institut National de la Propriété Industrielle. Nous avons gagné pour trois raisons majeures : la performance développement durable, l’image valorisante du bâtiment et le prix d’acquisition. L’INPI souhaitait en effet devenir propriétaire de son siège. Cet immeuble sera, en France, le premier bâtiment tertiaire d’intérêt général en R+4, à structure bois. Il présentera une façade particulièrement attractive dont les parois de verre seront surlignées d’un parement en briquettes.
    L’ensemble de 12 500 m2 Shon se répartira sur cinq niveaux. Dès le hall d’accueil, l’omniprésence de la lumière naturelle s’imposera aux visiteurs, donnant le ton de l’ensemble immobilier. Les espaces de travail offriront une flexibilité d’organisation autorisant des choix d’aménagement ouvert ou fermé. Pour des raisons de confort et d’économie d’énergie, l’organisation spatiale privilégiera les liens visuels avec l’extérieur et une large proportion de bureaux en premier jour. Le patio de 350 m2 sera traversé de passerelles et le jardin suspendu, aux essences tropicales jouant sur des hauteurs différentes, débordera sur la rue, se mêlant aux lignes contemporaines de la façade et au caractère organique de ses colombages en bois. Un toit ouvrant entrera en fonction, selon la météo, offrant ainsi une aération naturelle. Trois niveaux de sous-sol seront aussi aménagés et comprendront un auditorium, un restaurant inter-entreprises de 200 places, 130 emplacements de parking et une salle d’archives sécurisée. Nous avons confié la maîtrise d’oeuvre d’exécution de cet immeuble innovant à notre partenaire historique, la société BITP, qui a l’habitude des opérations d’envergure.

    La prestation de Natekko comprend l’accompagnement du futur propriétaire-utilisateur dans l’optimisation des aspects énergétiques, le respect de certaines règles de comportement, l’optimisation du confort des occupants, et l’utilisation optimale des procédés techniques (GTB, GTC,..). La conjugaison des atouts intrinsèques de l’immeuble avec de bonnes pratiques au quotidien garantiront l’objectif d’une consommation moyenne conventionnelle à hauteur de 40 kWh/m2/an pour une production du bâtiment de 43 kWh/m2/an. Les 500 collaborateurs de l’INPI, actuellement sur trois sites, seront regroupés à cette adresse. La livraison est prévue en avril 2012.

  • M2 : Quel développement envisagez- vous en immobilier tertiaire ?
     
  • Marc Celaries : Nous détenons aujourd’hui un savoir-faire original en développement durable. A partir de cette expertise, nous élaborons des concepts que nous proposons à différents grands utilisateurs pour leurs sièges sociaux et leurs besoins immobiliers. Au-delà d’un standard intérieur mettant en jeu bien-être et haute technologie, nos concepteurs proposent un «travail d’extériorisation» en phase avec l’image de la société, d’un quartier... L’expression d’une façade inédite, alliant performance technique, tradition et esthétique contemporaine, s’est clairement révélée, pour l’INPI, être un atout essentiel. Dans la même ligne, nous proposons à des institutionnels des solutions pour restructurer, rendre plus performant et «verdir» leur patrimoine.

  • M2 : Quelles sont vos perspectives pour les cinq ans à venir ?
     
  • Marc Celaries : En quittant la rue de la Paix et en nous implantant dans l’un de nos immeubles sur 1 000 m2 à Courbevoie, nous anticipons déjà notre croissance. Cette décision d’installation se pose en cohérence avec nos objectifs de développement. A horizon 2015, Natekko devrait générer un chiffre d’affaires de 460 M€, avec la réalisation annuelle de 80 000 m2 en résidentiel et 30 à 50 000 m2 en tertiaire sur des produits de moyenne et haute gammes, toujours avec une volonté de construction durable. L’entreprise est appelée à se développer très vite. Notre vocation est de construire des bâtiments où les gens se sentent bien. En cela, nous contribuons à prévenir les risques psychosociaux devenus une préoccupation majeure de tous les acteurs de l’entreprise et de la ville. Dans la pratique de nos réalisations, nous faisons chaque fois concrètement la preuve d’un équilibre possible et pérenne entre contraintes économiques et exigences éco-responsables. Nous bénéficions d’une avance technologique importante.
    Notre objectif dans le tertiaire est de construire à un coût similaire à celui d’un immeuble traditionnel. Il y a, en outre, un important marché de restructuration du parc existant. En résidentiel, nous travaillons sur des maisons passives aux normes BBC, avec un coût maitrisé équivalent à celui de l’ancien traditionnel. Compte tenu de notre expertise, nous réfléchissons également à orienter des filiales vers des prestations de conseil énergétique. Enfin, une ambition que nous mettons déjà en oeuvre est de développer la première foncière «verte». Celle-ci sera alimentée par notre propre production.
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