- Vivement après après demain
- Décembre 2008
- Il y a ceux qui croient en une reprise dès 2009 et d’autres, qui la prévoient pour 2010 voire 2011. Enfin, il y a les “sages” qui préfèrent ne pas se prononcer. Une chose est sûre, les marchés immobiliers sont entrés dans une phase déflationniste. Si elle perdurait, cette situation accentuerait un attentisme se traduisant par des reports d’investissements ou des prises à bail. Elle retarderait la mise en place de nouvelles références de prix.
- L’année 2009 débutera par un moment de vérité : l’évaluation du patrimoine de plusieurs foncières sans aucun doute révisé à la baisse. Une crise présente néanmoins des aspects positifs. Elle permet d’assainir un marché. La sortie est accoucheuse de mutations. Celle des années 90 a débouché sur la financiarisation de l’immobilier. En redonnant de la liquidité au marché, les fonds américains ont importé un modèle dynamique fonctionnant par effet de levier et d’arbitrage, mesuré par TRI. Malheureusement, l’immobilier a été victime d’un excès de la financiarisation. Le marché va nécessairement se restructurer. Des concentrations prendront place dans le secteur bancaire et les foncières. Les prix en résidentiel devront se réajuster à la baisse afin d’être en phase avec les capacités des utilisateurs. L’investissement se pratiquera avec plus de discernement en raison de la décroissance des capitaux empruntés. La hiérarchie des rendements sera de retour. En procédant à des vagues de licenciement, les groupes libéreront simultanément des énergies et stimuleront l’esprit d’entreprise de certains de leurs cadres. Les remises en question vont permettre de redéfinir des méthodes de travail, de concevoir différemment les métiers, de se préparer à de nouvelles approches. Déjà, des petites entités créatives sont en train d’émerger. Certaines feront leur chemin comme d’autres l’ont fait avant eux, dans les années 90. Il faut surtout souhaiter qu’à trop de dérégulations ne succèdent pas trop de régulations étatiques. Pour s’épanouir, les agents économiques ont besoin d’espaces de liberté.
- Alain Houpillart
Professeur Paris Dauphine
Les cycles de l’immobilier d’entreprise