- Trois Français à Pékin
- Juin 2006
- Trois Français et leurs équipes ont, depuis plus de deux ans, préparé minutieusement la renaissance d’un quartier de Pékin situé au sud de la place Tian ‘An Men. De ce site en déshérence émergeront, dès 2008 l’année des Jeux Olympiques, des bâtiments à vocation culturelle, de loisirs, de commerces, d’hôtellerie et de restauration.
- Un premier français, heureux vendeur il y a quelques années de son entreprise d’informatique, se porte aquéreur, par sa structure Imperial Avenue, des 25 ha qui entourent sur 850 m les deux côtés de la vieille artère commerçante de Qian Men. Le second Jacques Jobard, présent depuis 26 ans dans la capitale chinoise, à la tête de la société d’ingénierie Phoenix Design, a su gagner la confiance de la Mairie, obtenir son adhésion à un projet d’urbanisme et participer à l’élaboration du plan de masse. Le troisième Anthony Béchu, architecte de réhabilitations prestigieuses dans Paris, a réussi, consultation après consultation, à s’introduire dans l’empire du Milieu. Son agence dispose désormais d’une équipe «pékinoise» impliquée, avec Phoenix Design, dans le schéma d’urbanisme et la partie conceptuelle de la renaissance de Qian Men. Ces trois Français portent un projet qui s’inscrit dans la nouvelle politique de préservation du patrimoine initiée par les édiles de la capitale chinoise. La rénovation bulldozer, qui fait du passé table rase au profit de l’édification de tours, n’est plus l’unique orientation de la municipalité. Le site de Qian Men, dont une partie est acquise pour 70 ans par Imperial Avenue, est le meilleur des exemples. Le bâti horizontal de la ville chinoise est respecté. Des Hutongs* ont été classés et seront remis en valeur. La hauteur des immeubles ne dépassera pas les trois étages. Un hôtel de grand luxe, composé de suites, épousera les cours des maisons de ville, notamment celles d’une demeure occupée autrefois par les délégations des commerçants de province. Le quartier de la rue Qian Men conservera sa vocation marchande avec toutefois une nouvelle approche. Aux bazars disgracieux se substitueront plusieurs rues où une cinquantaine de galeries d’art contemporain du monde entier et des artisans d’art chinois pourront exposer leurs oeuvres. Une rue sera à vocation d’antiquaires, une autre sera couverte par une verrière. Une place réunira des grandes enseignes de bijoutiers : Boucheron, Cartier, Chaumet... Différentes marques des groupes LVMH et PPR devraient être largement représentées. Le site jusque là très cloisonné, plutôt intériorisé, va s’ouvrir et bénéficiera de la création d’espaces verts. La rue Qian Men, devenue piétonne, sera rythmée par des terrasses de café ou de restaurants. Un parking souterrain de 3 000 places, le plus important de Chine, sera construit. L’animation y sera aussi nocturne. La Warner Brothers va construire un complexe de dix salles de cinéma. La culture est appelée à être une composante essentielle de ce nouveau quartier. Un théâtre, créé sous la dynastie Ming, vient d’être restauré et présentera à nouveau des spectacles. Anthony Béchu travaille sur la création d’une salle Pleyel où des concerts pourront être entendus par près d’un millier de spectateurs. Un conservatoire de musique sera annexé.
La fondation Maeght de Saint Paul de Vence a également répondu présent et pourra organiser des expositions. Le Centre Pompidou sera, avec ses
9 000 m2, l’un des bâtiments phares de Pékin. Son architecture a été confiée à Jean Nouvel. Après avoir rééquilibré la ville de Pékin sur sa partie Est en créant le “Central Business District”** et aménagé les infrastructures olympiques au Nord, il était temps pour la capitale de revaloriser la partie sud du centre-ville. C’est un événement majeur appelé à être largement médiatisé. Une telle opération contribuera au nouveau rayonnement de l’empire du Milieu. Jacques Séguela travaille déjà sur une campagne de communication avec les équipes d’Euro RSCG de Pékin.
- Alain Houpillart
Professeur Paris Dauphine
Les cycles de l’immobilier d’entreprise