Béatrice de Quinsonas — BPCE Solutions immobilières

Béatrice de Quinsonas

Directrice de la recherche
Membre du Comité de Direction
BPCE Solutions immobilières

Quels sont les principaux enseignements à tirer des chiffres du premier semestre du marché français de l’investissement en immobilier professionnel ?

Le marché français de l’investissement affiche un résultat en trompe l’œil au premier semestre : 6,6 Mds€ engagés, en hausse de 9 % sur un an. Cependant, la seule acquisition du portefeuille Proudreed représente 35 % des montants investis. Cela illustre un marché principalement porté par l’échange d’actifs d’envergure, avec des transactions majeures à venir dans les chiffres du troisième trimestre comme la signature de Capital 8, bureau parisien pour 820 M€, une des transactions de bureau les plus importantes d’Europe.

Le Baromètre de MSCI, en partenariat avec BPCE Solutions immobilières, publié en juin dernier, annonçait un rétrécissement de marché à fin décembre 2026 pour le marché français de l’investissement en immobilier d’entreprise banalisé (13,3 Mds€ contre 14,5 Mds€ en 2025). Les anticipations ont-elles évolué depuis ?

Ce niveau est toujours atteignable en raison des actifs de qualité qui s’échangent sur le marché, dont certains de taille très significative.

Pourquoi le marché français peine-t-il autant à rebondir à l’inverse de ceux des autres pays ?

Le marché français de l’investissement est dans une phase de normalisation plutôt que de rebond, avec encore des corrections de prix à venir pour certains segments de marché. Le marché de bureau, notamment francilien, reste fragilisé avec une suroffre importante dans certaines zones. À noter également : les contraintes règlementaires notables en France et sa croissance économique plus modérée que celle d’autres pays, comme l’Espagne. Pour autant, les actifs « prime » restent recherchés ainsi que certaines classes d’actifs, comme l’hôtellerie et la logistique.